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La téléphonie 5G, entre opportunité et opposition - 13 juin 2019 - 24heures

Récemment, de fortes oppositions se sont manifestées contre la téléphonie 5G. Les risques pour la santé ont souvent été invoqués, bien que les fréquences attribuées en Suisse à la 5G ne diffèrent guère de celles utilisées jusqu’à présent.

Rappelons que, le 1er février 2000, entrait en vigueur l’Ordonnance sur la protection contre les rayonnements non ionisants (ORNI). Celle-ci fixe des limites d’immission (ou d’exposition), recommandées internationalement, et qui sont des mesures de prévention contre des risques avérés.

Mais l’ORNI comporte aussi des limites d’instal­lation, qui sont des mesures de précau­tion contre des risques poten­tiels, donc non avérés. Or le respect de ces précau­tions coûte cher aux opéra­teurs de télé­phonie mobile, mais aussi à tous les exploi­tants d’instal­lations pro­dui­sant ou uti­li­sant des champs électro­magné­tiques : réseau élec­trique, alimen­tation des trains, émet­teurs de radio et de télé­vision, radars d’aéro­port. Des centaines de millions de francs ont été dépensés pour respecter ces limites qui n’existent qu’en Suisse, sans que l’on sache si elles corres­pondent à un risque réel. Des coûts supportés en défi­ni­tive par les clients.

Parallèlement, la recherche scien­ti­fique s’est pour­suivie. Et après quan­tités d’études épidé­mio­lo­giques, il n’apparaît pas que, dans les pays qui nous entourent, la popu­lation souffre davan­tage de problèmes de santé liés aux rayon­ne­ments, que ce n’est le cas en Suisse. Ainsi, les risques poten­tiels que l’on a pu craindre par le passé n’existent vraisem­bla­ble­ment pas ; et les précau­tions corres­pon­dantes sont donc inutiles, tout en restant ruineuses. Logi­que­ment, on pourrait supprimer, ou tout au moins alléger ces précau­tions, en vue de faci­liter le déploie­ment de la 5G.

Toutefois, le risque pour la santé ne cons­titue proba­ble­ment pas la moti­va­tion profonde des oppo­sants. À bien écouter leurs discours, ils parais­sent plutôt animés par un senti­ment d’impuis­sance, face à une techno­logie galo­pante sur laquelle la majorité d’entre nous n’a guère d’emprise. Faudrait-il alors soumettre les dévelop­pements tech­niques à la démo­cratie ?

La démocratie est nationale, mais la techno­logie est mondiale. La Suisse peut-elle se permettre d’être le seul pays du monde où l’on interdit la 5G ? À discuter…

Par ailleurs, l’Histoire des tech­niques montre qu’une nouvelle techno­logie suscite toujours, dans l’opinion publique, des craintes irrai­son­nées, condui­sant à des choix dont tout le monde admettra, avec le recul, qu’ils étaient injus­tifiés. Pensons par exemple à ces gares, censées desservir des villages, et qui se trou­vent aujourd’hui à un ou deux kilo­mètres du village. Parce qu’au XIXe siècle, lors de la cons­truc­tion des lignes de chemin de fer, beau­coup consi­dé­raient le train comme une invention sata­nique et refu­saient de le voir passer chez eux. Vade retro, Satanas !

Le peuple doit pouvoir comprendre. La raison doit pouvoir l’emporter.

24 heures – Réflexion. L’invitée (13 juin 2019)

Milliard de cohésion - Un aveu tardif - 25 mars 2019 - 24heures

Le Conseil fédéral prétend exercer une pression sur l’Union européenne (UE), en rechignant à verser le prochain « milliard de cohésion. » Et le Conseil national lui emboite le pas en posant des conditions impératives au versement de ce montant.

Celui-ci, destiné à soutenir des projets de développement dans les pays les moins avancés de l’UE, nous a toujours été vendu comme étant bénéfique pour notre pays. Ainsi, lors du premier versement, Doris Leuthard déclarait : « De bons projets représentent la meilleure publicité pour notre pays et notre économie. Ils peuvent aussi faire naître de nouvelles relations d’affaires pour les entreprises suisses. » Et Micheline Calmy-Rey d’en rajouter une couche en affirmant que « cette coopération génère des retombées financières directes sous forme de commandes et de mandats attribués à l’économie privée. » Si c’était vrai, refuser un nouveau versement d’un milliard reviendrait donc à punir notre propre économie !

La réalité est que ces milliards exigés par l’UE s’apparentent à une extorsion de fonds, à laquelle la Confédération s’empresse de se plier, conformément à son habitude. Les tergiversations actuelles, qui entourent le versement de la prochaine tranche, sonnent comme un aveu tardif de soumission.

24 heures – Courrier des lecteurs (25 mars 2019)

L'accord institutionnel ou l'art du déséquilibre - 4 février 2019 - 24heures

L’Italie, obligée de renoncer à certains projets, afin de satisfaire les règles budgétaires de l’Union européenne (UE). La France, dans le collimateur de Bruxelles en raison des mesures annoncées pour calmer les gilets jaunes. La Hongrie, passible de sanctions pour sa politique migratoire. L’Autriche, que la Cour de justice de l’UE condamne à renoncer à la réforme de sa loi sur l’aide aux réfugiés. Et le Royaume-Uni qui préfère récupérer sa souveraineté. De toute évidence, le château de cartes vacille. Et dans son combat pour le maintenir debout, la Commission européenne a décidé de faire de la Suisse son punching ball.

L’accord institutionnel avec la Suisse est avant tout un message adressé aux États membres tentés de quitter l’Union : « Voyez ce qui vous attend si vous sortez ! » Il est vrai que les termes de ce projet totalement déséquilibré ont de quoi faire peur. Par exemple, le chapitre 2 interdit à la Suisse ainsi qu’aux états membres de l’UE de subventionner un secteur économique. Des exceptions sont admises si elles concernent des projets importants pour l’UE. En revanche, les projets spécifiquement importants pour la Suisse n’autorisent aucune exception.

Le chapitre 3 n’est pas avare non plus en distorsions du même genre. D’une façon générale, la Suisse doit respecter strictement les accords bilatéraux. Mais l’UE peut les remettre en question au gré des évolutions de sa législation. En cas de désaccord, c’est la Cour de justice de l’Union européenne qui tranche sans recours possible. L’UE est donc juge et partie.

On pourrait multiplier les exemples du même genre, mais la taille de cette rubrique n’y suffirait pas. Contentons-nous donc de l’article 14 alinéa 3, qui vaut son pesant de cerises sur le gâteau empoisonné que l’on voudrait nous faire avaler d’urgence.

Cet article 14 s’applique lorsque, sous l’effet d’une nouvelle loi de l’UE, un accord bilatéral avec la Suisse s’en trouve modifié d’une manière telle que cela implique un changement de notre Constitution. En pareil cas, il est dit que la Suisse dispose de deux ans au maximum pour « accomplir ses obligations constitutionnelles », ou d’un an supplémentaire en cas de référendum. Trois remarques s’imposent.

Notons tout d’abord l’expression d’« obligations » constitutionnelles : la Suisse n’a pas le choix, elle doit changer sa Constitution. Deuxièmement, l’UE semble ignorer que toute modification de notre Constitution implique un référendum ; le « cas de référendum » n’est donc pas un « cas », mais une règle générale. Quant à la troisième remarque, c’est plutôt une question : que se passe-t-il si le peuple suisse refuse cette modification constitutionnelle ? Ne cherchez pas la réponse dans le texte : il n’y en a pas. Pour l’UE, consulter le peuple signifie obtenir son accord… et rien d’autre !

En conclusion, laissons l’Europe se battre contre elle-même et oublions ce désaccord institutionnel.

24 heures – Réflexion. L’invitée (4 février 2019)

Marchander la souveraineté  ? - 4 octobre 2018 - 24heures

Par avance, je tiens à présenter mes excuses aux lectrices et aux lecteurs que pourrait choquer la phrase que je vais écrire immédiatement après celle-ci : « La Constitution fédérale est la source suprême du droit de la Confédération suisse. » C’est ce que l’initiative pour l’autodétermination, sur laquelle nous voterons le 25 novembre prochain, demande d’ajouter à l’article 5, alinéa 1 de la Constitution fédérale : que ce texte, dont chaque article a été approuvé par le peuple, soit prioritaire sur les réglementations internationales, concoctées dans des officines étrangères dépourvues de toute légitimité démocratique.

Une telle disposition préserve évidemment notre souveraineté. Elle préserve également le fédéralisme : ce mode d’organisation permet à chaque canton et à chaque commune de s’organiser selon ses besoins et ses aspirations particulières. Avec raison, nous n’avons jamais voulu d’un système centralisé, comme en connaissent d’autres pays. Au nom de quoi faudrait-il alors accepter désormais de subir des directives internationales imposées à tous, jusque dans nos villages, au mépris de la volonté populaire ?

Cette affirmation de la souveraineté ne réduit en rien la possibilité de conclure des accords politiques ou économiques avec des entités étrangères. Elle exige simplement qu’une telle démarche respecte les choix adoptés par le peuple. Et si la situation de notre pays évolue, elle permet qu’un tel traité puisse être résilié, comme n’importe quel contrat de bail ou de téléphonie mobile, dès l’instant où il ne correspond plus à nos intérêts ou ne répond plus à nos besoins. Faut-il voir dans cette éventualité de dénonciation d’un traité, un vice fondamental de l’initiative en question, comme certains l’affirment ? Que celui qui n’a jamais rien résilié jette la première pierre !

D’aucuns pourraient s’étonner qu’il faille lancer une initiative pour demander que, dans la gestion des affaires de notre pays, la volonté du peuple suisse soit prioritaire sur celle des fonctionnaires de Bruxelles ou de Washington. Cela devrait aller de soi.

Malheureusement, cette évidence est actuellement mise à mal par une forme de peur qui sévit jusque dans les plus hautes sphères de nos autorités. La peur des diktats d’une Union européenne qui n’est même pas capable de faire appliquer ses règles à ses propres membres ; la peur des listes noires ; la peur de se voir exclus de tel programme ou de tel marché ; bref, la peur de déplaire à ces puissances qui ne sont fortes que de leurs menaces.

Face à tant de veulerie, il fallait donc le préciser : « La Constitution fédérale est placée au-dessus du droit international et prime sur celui-ci. » (article 5, alinéa 4).

Pour retrouver l’esprit d’indépendance et la volonté de souveraineté qui a fait de la Suisse ce qu’elle est devenue en 700 ans, un seul mot suffit : OUI le 25 novembre, à l’initiative pour l’autodétermination.

24 heures – Réflexion. L’invité (4 octobre 2018)

Assurance-maladie : tous coupables  ? - 6 mars 2018 - Le Courrier de Lavaux-Oron

Les assurés en veulent aux assu­reurs, qui aug­men­tent leurs pri­mes cha­que année. Les­quels assu­reurs s’en pren­nent aux can­tons, qui refu­sent de con­tri­buer au finan­ce­ment des pres­ta­tions ambu­la­toi­res. Les can­tons cri­ti­quent la Confé­dé­ra­tion, inca­pa­ble de pren­dre des mesu­res effi­ca­ces. Et la Confé­dé­ra­tion elle-même n’est pas avare de boucs émis­sai­res : un jour, ce sont les indus­tries phar­ma­ceu­ti­ques, qui ven­dent leurs médi­ca­ments trop chers (comme si le déve­lop­pe­ment d’une nou­velle molé­cule ne coû­tait pas des cen­tai­nes de millions). Le len­de­main, ce sont les patients, évi­dem­ment irres­pon­sa­bles, puis­qu’ils cou­rent chez le méde­cin pour un rien (comme s’ils devaient devi­ner la gra­vité de leur mal, avant même d’avoir consulté !) Et enfin – nou­velle mode – les méde­cins, qui s’enri­chi­raient sans ver­go­gne sur le dos des patients.

Une enquête récente du Matin Diman­che l’a mon­tré : dans le canton de Vaud, 99,4% des méde­cins réa­li­sent un chif­fre d’af­fai­res géné­ra­le­ment très infé­rieur à 1,5 million de francs. Les 0,6% res­tants (17 méde­cins sur envi­ron 2800) dépas­sent ce mon­tant qui, répé­tons-le, est un chif­fre d’af­fai­res. Le béné­fice s’éta­blit, quant à lui, à une frac­tion située entre 30% et 65% du chif­fre d’af­fai­res, selon la spé­cia­lité consi­dé­rée.

Au bout du compte, les méde­cins appar­te­nant à la toute petite frac­tion la mieux rému­né­rée le sont encore beau­coup moins que quel­ques capi­tai­nes de l’indus­trie et de la finance ; et même net­te­ment moins que cer­tai­nes vedet­tes du spec­ta­cle ou du sport qui, pour n’avoir jamais guéri ni sauvé per­sonne, n’en sus­ci­tent pas moins une véné­ra­tion sans borne. Quel contraste, avec le déni­gre­ment dont sont la cible ces pro­fes­sion­nels qui reçoi­vent, exa­mi­nent et soi­gnent les patients, en assu­mant la res­pon­sa­bi­lité de leur santé ou de leur vie !

Qui peut croire de bonne foi que l’on contrô­lera l’aug­men­ta­tion des pri­mes de l’as­su­rance-mala­die en s’en pre­nant à ceux qui tien­nent le rôle prin­ci­pal du sys­tème de santé ? Qui peut penser sérieu­se­ment que l’éli­mi­na­tion de quel­ques rares et hypo­thé­ti­ques abus per­met­tra de maî­tri­ser dura­ble­ment la hausse du coût des soins ?

Le pou­voir poli­ti­que tra­hit sa mis­sion lors­qu’il exa­cerbe les rap­ports de force entre les dif­fé­rents acteurs de la société (allant jus­qu’à pro­vo­quer des grè­ves de méde­cins), plu­tôt que de recher­cher des solu­tions équi­li­brées. À terme, notre assu­rance de base ne sur­vi­vra pas à cette démar­che géné­ra­trice de conflits.

Per­sonne n’est le cou­pa­ble du sys­tème de santé : c’est mani­fes­tem­ent le sys­tème lui-même qui dys­fonc­tionne. Et l’on ne résou­dra pas son pro­blème en jetant le dis­cré­dit sur l’un ou l’autre de ses inter­ve­nants. Une véri­ta­ble réforme se devrait de retrou­ver la fina­lité pre­mière d’une assu­rance : évi­ter un drame finan­cier à celui qui tombe malade. Et non pas rem­bour­ser les pres­ta­tions d’une liste pré­dé­fi­nie sans tenir com­pte de la capa­cité éco­no­mi­que du béné­fi­ciaire.

Le Courrier de Lavaux-Oron (8 mars 2018)

Un symptôme de défiance - 18 janvier 2018 - 24heures

Pourquoi une majorité de Suissesses et de Suisses se déclarent-ils prêts à supprimer les redevances radio et télévision ? L’initiative « No Billag » ne fait pas dans la dentelle : elle propose un changement complet de modèle de financement et de diffusion de l’information. Pour comprendre le succès de cette initiative, auprès d’un peuple habituellement peu enclin aux révolutions, la question de fond est celle de la confiance que la population accorde, ou n’accorde plus, aux médias.

Contre ce nouvel article constitutionnel, le gouvernement évoque la « diversité médiatique », la « libre formation de l’opinion », le « mandat de service public. »

Diversité des médias. Difficile de s’en convaincre lorsque, chaque jour, des pages entières se retrouvent intégralement reproduites dans quatre ou cinq quotidiens romands, avec la même mise en page, les mêmes illustrations, les mêmes légendes. Ou lorsqu’en écoutant les informations à la télévision, on réentend, mot pour mot, les mêmes phrases que celles prononcées à la radio une heure auparavant, tirées des mêmes communiqués que produisent les mêmes agences.

Libre formation de l’opinion. Mais que signifie « libre » lorsque, dans nos médias, Sputnik est présentée comme « une pseudo agence de presse » ou comme « un instrument d’influence de la Russie », alors que CNN – formidable instrument d’influence des États-Unis – est systématiquement qualifiée de « chaîne d’information » ? Où est la libre formation de l’opinion au sujet de conflits toujours traités de manière manichéenne (Birmanie, Donbass, Moyen-Orient…) ; lorsqu’on nous dit tout des souffrances endurées par les « gentils » et des exactions commises par les « méchants », mais très rarement l’inverse ?

Mandat de service public. Il est en discussion à Berne depuis dix ans et l’on peine encore à distinguer ce qui en fait vraiment partie : l’information politique, trop rarement neutre ? Le sport, qui n’est pas du sport mais de la compétition ? La culture, où les caprices de quelques stars jouent les rôles principaux ? L’économie, et ses prédictions toujours fausses ?

Le Conseil fédéral croit-il réellement à la valeur des arguments qu’il défend ? On peut en douter, puisqu’il a jugé utile d’y ajouter, ces derniers mois, deux opérations qui fleurent bon la manipulation : premièrement le retrait, à la société Billag SA, du mandat de perception de la redevance, comme si en discréditant le titre de l’initiative, on en annulait la substance ! Secondement, la fixation de la future redevance à 365 francs par année, comme si « un franc par jour » était une jolie formule qui allait donner envie de payer !

Quel que soit le sort finalement réservé à l’initiative « No Billag », les médias ne devraient pas se dispenser d’un questionnement urgent sur les critères à remplir pour s’assurer une crédibilité que la moitié de la population ne leur reconnaît déjà plus.

24 heures – Réflexion. L’invité (18 janvier 2018)

Une façon d'agir cavalière - 17 octobre 2017 - 24heures

Les médias se sont déjà lar­ge­ment faits l’écho des remous pro­vo­qués par le pro­jet d’ex­ten­sion de l’EMS – Résidence Pré-de-la-Tour à Pully, lequel impli­que la rési­lia­tion de 13 baux à loyers de per­son­nes âgées.

Les arti­cles parus sur cette ques­tion n’ont pas man­qué de pré­sen­ter les argu­ments de la Muni­ci­pa­lité par la voix du syn­dic. Il en res­sort que la démar­che muni­ci­pale est tout à fait ration­nelle, tant du point de vue du calen­drier que sur le plan des mesures d’ac­com­pa­gne­ment envi­sa­gées. Pour­tant, ce qui frappe, c’est l’ava­lan­che de réac­tions néga­ti­ves, voire scan­da­li­sées, qui ont déferlé dans la presse, et même jusqu’au Conseil d’État. De toute évi­dence, la dimen­sion émo­tion­nelle d’un tel dos­sier a été sous-estimée.

En atten­dant le médi­ca­ment miracle, garan­tis­sant la jeu­nesse éter­nelle, cha­cun est concerné par le fait d’af­fron­ter, tôt ou tard, les dif­fi­cul­tés de la vieil­lesse. En outre, dans notre société, tout le monde ne peut pas pré­ten­dre à une situa­tion finan­cière confor­ta­ble, après l’âge de la retraite. C’est donc un sujet très sen­sible et anxio­gène pour une part signi­fi­ca­tive de la popu­la­tion. Dans ce genre de projet, on ne devrait pas igno­rer ces aspects psy­cho­lo­gi­ques.

La sec­tion UDC de Pully regrette la façon cava­lière dont les rési­lia­tions ont été annon­cées à des per­son­nes du 3e et du 4e âge, en l’absence de pro­po­si­tion concrète de relo­ge­ment.

24 heures – Courrier des lecteurs (17 octobre 2017)

La Loi de Godwin - 23 mars 2017 - 24heures

Le 18 mars au matin devant la gare de Pully, la Loi de Godwin a encore frappé par la voix de Christian van Singer, candidat des Verts au Grand Conseil, braillant à qui voulait l’entendre que l’UDC est un parti nazi.

La Loi de Godwin (énoncée en 1990 par l’avocat américain Mike Godwin) dit que dans un débat, celui qui se trouve à court d’arguments finit invariablement par se référer à Hitler ou au nazisme pour discréditer son adversaire. Et en l’occurrence, les explications alambiquées de l’intéressé, publiées sur Facebook pour justifier son dérapage, n’y changent rien : la preuve est faite que, six semaines avant les élections, il a déjà atteint le Point Godwin, ce stade critique au-delà duquel règne en maître le désert des arguments.

À cet égard, Stéphane Montangero, président du parti socialiste vaudois, n’est pas en reste, qui compare la campagne de la droite vaudoise à la propagande de Goebbels.

Nazi et UDC… Forts de leurs certitudes idéologiques, les susnommés ne comprennent visiblement ni l’un ni l’autre. Et en refusant toute discussion à ce sujet, ils ne comprennent pas non plus la démocratie, dont la vertu première est justement de permettre le dialogue entre les différentes sensibilités. Pour avoir vécu la moitié de ma vie dans un régime totalitaire, du genre de ceux qu’affectionnent Messieurs van Singer et Montangero, j’aurais largement de quoi leur rendre la monnaie de leur ignorance si, comme eux, je n’avais rien de mieux à faire.

Sur les onze membres du groupe UDC au Conseil communal de Pully, nous sommes cinq d’origine étrangère ; une proportion sans égale dans tous les autres groupes. Cinq personnes qui, sous un régime nazi, auraient sans doute fini déportées, et qui sont fières aujourd’hui de servir leur pays d’accueil, au sein d’un parti qui en défend, mieux que d’autres, la neutralité, la souveraineté et la démocratie directe.

24 heures – Courrier des lecteurs (23 mars 2017)

De l'art de l'interprétation - 12 janvier 2017 - Le Courrier - Lavaux-Oron

Ainsi, vingt-quatre ans après le 6 décembre 1992, le fameux « dimanche noir » de Jean-Pascal Delamuraz, la Suisse a connu son vendredi noir du 16 décembre 2016 : ce jour-là, le Parlement adoptait une prétendue loi d’application de l’initiative contre l’immigration de masse, acceptée en votation près de trois ans auparavant.

Et voilà le gros de la classe politique se félicitant de son réalisme, pour avoir concocté un texte compatible avec la sacro-sainte libre circulation des personnes ; et se réjouissant des louanges immédiatement reçues du président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker. Dans la négociation sur le Brexit, ce dernier ne manquera pas d’opposer le pragmatisme des Suisses à des Anglais trop intransigeants.

Sur le fond, admettons qu’une disposition de ce type, prévoyant la préférence indigène en matière d’emploi, pourrait présenter (en théorie tout du moins) certains avantages. Elle aurait pu être adoptée beaucoup plus tôt, et cela même en l’absence de l’initiative du 9 février 2014. Mais c’est justement ce qui pose problème : elle n’a en réalité aucun rapport avec l’article constitutionnel qu’elle est censée mettre en œuvre.

C’est là un aspect inédit de la politique suisse : durant l’automne dernier et tout au long des tractations en cours sous la Coupole, on entendit répéter que le Parlement était « dans son rôle » en interprétant la volonté d’une majorité de votants. Ainsi, lorsque ces derniers acceptèrent un article constitutionnel, demandant explicitement l’instauration de plafonds et de contingents, il fallait « interpréter » qu’ils ne voulaient ni plafonds ni contingents. Et là où l’article en question indique que « la Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers », il faut « interpréter » que la Suisse doit renoncer à gérer l’immigration des étrangers, laissant aux entreprises le soin de gérer à leur guise leurs postes vacants, sous réserve de les déclarer aux Offices régionaux de placement et d’organiser un entretien d’embauche avec un candidat suisse, tout en sachant d’avance qu’il sera recalé au profit d’un étranger.

Les conséquences de cette trahison burlesque sont d’ores et déjà limpides. Les prochaines statistiques montreront que, mis à part le fait de compliquer le travail des entreprises en interférant maladroitement avec leurs procédures d’embauche, la loi n’aura eu aucun effet, ni sur l’immigration ni sur l’emploi. Et les sondages d’opinion révèleront la déception d’une population qui n’aura constaté aucun des progrès espérés, ni dans le domaine de l’accès au logement, ni en matière de surcharge des moyens de transport.

Alors, le temps sera venu de faire à nouveau voter avec succès le peuple suisse, mais sur un texte qui, cette fois, ne laissera place à aucune marge d’interprétation. On hésite à remercier la conjuration antidémocratique, majoritaire au parlement, qui en a si bien préparé la voie.

Le Courrier – Lavaux-Oron (12 janvier 2017)

Pour une médecine bon marché - 11 octobre 2016 - Le Temps

En 2015, le Conseil fédéral a lancé un Programme national de recherche intitulé « Système de santé ». Doté d’une enveloppe de 20 millions de francs, il vise à encourager les recherches innovantes, afin d’améliorer les performances en matière de diagnostic et de thérapie, et d’enrichir la littérature scientifique. Soit ! Mais faut-il pour cela appauvrir les assurés ?

On ne trouve en effet, dans ce programme, aucune volonté de s’attaquer à la question du coût de ce « Système de santé ». Pourtant, le conseiller fédéral Alain Berset l’a répété à plusieurs reprises : le développement de nouvelles techniques médicales est l’un des deux facteurs qui déterminent l’augmentation des primes de l’assurance-maladie de base, l’autre étant le vieillissement de la population.

Or les « solutions » proposées ici ou là, pour lutter contre la hausse des primes, ont ceci en commun qu’elles n’influent ni sur le développement des nouvelles techniques ni sur la qualité du vieillissement. Qu’elles s’appellent « moratoire sur l’ouverture des cabinets », « liberté de contracter », « clause du besoin », « révision du Tarmed » ou « caisse unique », elles ne s’attaquent en rien aux deux sources reconnues du problème. N’y a-t-il vraiment rien de mieux à faire ?

Dans le domaine de l’énergie, les cleantech nous suggèrent une réponse : le problème du réchauffement climatique a contribué à réorienter la recherche vers des solutions adaptées à la situation, ouvrant du même coup de nouveaux marchés. Par analogie, il est temps de promouvoir les cheapmed : des méthodes qui visent à réduire le coût des examens ou des traitements – sans diminution de qualité – et à améliorer les conditions du vieillissement. Antoine Hubert, directeur du groupe Aevis, ne dit pas autre chose : l’innovation peut permettre de stopper la hausse des primes, à condition d’être orientée vers la réduction des coûts.

Ainsi, un programme de recherche de l’École polytechnique fédérale de Lausanne vise « à développer des équipements médicaux efficaces, de haute qualité et à un prix accessible pour la population. » La population… du Tiers-Monde ! Un objectif louable, à ceci près qu’aujourd’hui, le problème du coût de la santé n’est plus seulement un défi pour le Tiers-Monde : c’en est un aussi pour notre pays.

Dans ce contexte, il est inacceptable d’engager des fonds publics pour développer des techniques médicales ultraperformantes, visant à « enrichir la littérature », sans se soucier du coût qu’elles engendreront pour la population, quitte à propulser les primes de l’assurance de base à des hauteurs inabordables. L’aspect économique doit faire partie intégrante de tout projet de recherche financé par la Confédération ou d’autres collectivités publiques. Il devrait même en constituer l’objectif principal.

Le virage des cheapmed est inévitable à plus ou moins long terme. Et le moins long terme serait certainement le mieux.

Le Temps – Débats (11 octobre 2016)

Les robots remplaceront-ils les hommes  ? - 3 mai 2016 - 24heures

Cette question de science-fiction se glisse aujourd’hui dans le débat politique. L’initiative sur le revenu de base inconditionnel y contribue, en annonçant la fin du travail humain et de sa rémunération. Il est vrai qu’une concurrence féroce, touchant tous les domaines de l’économie, oblige chaque collaborateur à se surpasser constamment. L’« épidémie » de burnout est là pour nous le rappeler ! Dans ces conditions, ces infatigables machines que sont les robots semblent présenter un avantage décisif sur l’être humain. Pourtant, la réalité n’est pas si simple.

Certes, un robot a réussi dernièrement à battre un grand maître du jeu de go. Mais, dans le même temps, un autre robot était programmé par les meilleurs informaticiens du célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology) : il devait saisir une serviette négligemment jetée sur une table, la plier en huit et la reposer à plat sur la table. Voilà qui semble beaucoup plus simple que le jeu de go. Pourtant, cette merveille de technologie a besoin de dix-neuf minutes pour réussir cette tâche ! Quant aux restaurateurs chinois qui avaient remplacé leurs serveurs humains par des robots, on apprend qu’ils les expédient à la déchetterie, incapables que sont ces machines de servir une soupe sans éclabousser le client.

Ces exemples illustrent le gouffre abyssal qui sépare l’intelligence d’un robot de celle d’un humain : génial dans le cadre limité d’un échiquier, où des règles précises peuvent être mises en mémoire, l’engin se révèle totalement idiot dans la plus banale des situations quotidiennes.

Et il y a une bonne raison à cela. On mesure la puissance d’un « cerveau électronique » au nombre de ses transistors. Un ordinateur personnel en compte quelques dizaines de millions. Dans le cerveau humain, ce sont les synapses qui jouent un rôle équivalent ; et chez nous, on en trouve quelques dizaines de millions… de milliards : les robots sont encore très loin du compte ! Par ailleurs, à côté de la robotique, de nombreuses recherches se poursuivent pour augmenter les performances humaines : prothèses accroissant la force physique, capteurs améliorant la perception de l’espace, interfaces permettant de commander par la pensée… tout cela paraît assez terrifiant. Tout comme a dû paraître terrifiante, à nos arrière-grands-parents, l’idée de sauter d’un continent à l’autre, enfermés dans une boîte de conserve à hélices.

Il n’en reste pas moins que les recherches sur l’« être humain augmenté » progressent sans relâche. Comme toujours, les avantages immédiats d’une invention détermineront son utilisation à grande échelle, tandis que des lois et des prescriptions viseront à en limiter les risques. Les robots proliféreront dans le monde du travail, en parallèle avec des êtres humains devenus plus performants et qui resteront indispensables dans tous les domaines où la vitesse et la force ne remplacent pas la créativité.

24 heures – Réflexion. L’invité (3 mai 2016)

Sauver Lavaux… de l’exclusion - 9 décembre 2015 - 24heures

L’inscription des vignobles en terrasses de Lavaux au patrimoine mondial de l’UNESCO fut le résultat d’un travail considérable de plusieurs années ; et le début d’un autre travail, mais permanent et sans limite dans le temps. En effet, lors de l’annonce de l’acceptation du dossier en 2007, les gros titres des journaux ont peut-être fait croire à certains que ce bref instant de gloire suffisait à assurer pour l’éternité le maintien du site de Lavaux dans le patrimoine mondial. Or rien n’est plus faux !

Depuis 2013, l’avenir du site est entre les mains de l’association Lavaux Patrimoine mondial (LPm). Son action se développe selon trois axes : Paysage et viticulture (qui implique les viticulteurs et les hôteliers ainsi qu’une collaboration avec l’Université de Lausanne et des relations avec les vignobles étrangers également inscrits au patrimoine de l’UNESCO) ; Culture éducation et tourisme (expositions, conférences, sentier pédagogique, etc.) ; Communication (documentation papier, site web, réseaux sociaux, etc.). Ces actions seront scrutées de près lors du prochain audit de l’UNESCO, prévu en 2018. Du résultat de cet audit découlera la décision de maintenir Lavaux dans le patrimoine mondial… ou de l’en exclure. Avec un budget annuel d’environ un demi-million, LPm a les moyens de s’y préparer ; mais avec une contribution cantonale amputée de 200’000 francs, rien n’est moins sûr.

Il faut rappeler que la convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine mondial stipule, à son article 4, l’obligation pour l’État d’assurer la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine ; et cela par son propre effort, au maximum de ses ressources disponibles ou même, le cas échéant, au moyen de l’assistance internationale. C’est dire qu’un désengagement de l’État, qui mettrait en péril la préservation du site, constituerait une violation de ladite convention.

Même si en l’occurrence l’État signataire de la convention est la Confédération, celle-ci confie aux cantons (fédéralisme oblige !) la responsabilité d’assurer la conservation des sites du patrimoine mondial se trouvant sur leur territoire. Dans le cas de Lavaux, la Confédération exige en outre qu’un représentant du canton de Vaud siège au comité directeur de LPm.

Malheureusement, depuis la création de l’association, la chaise du représentant cantonal au sein du comité est toujours restée vide, non par un quelconque empêchement mais bien par une volonté délibérée du Conseil d’État de ne pas s’impliquer dans la gestion de l’association. Quant à la contribution financière de l’État de Vaud, elle s’achève sous sa forme actuelle à fin 2015, sans que l’on sache quelle suite le canton entend donner à son engagement.

La perspective de voir le site de Lavaux, vignobles en terrasses exclu du patrimoine mondial de l’UNESCO semblait impensable. Elle apparaît désormais préoccupante.

24 heures – Réflexion. L’invité (9 décembre 2015)

À qui profitent les sanctions contre la Russie  ? - 16 mars 2015 - 24heures

Dans les années qui suivirent la chute du mur de Berlin et la fin de la Guerre froide, les États-Unis se retrouvèrent en situation de toute-puissance, sans contre-pouvoir. Mais rien n’est jamais gagné : leur PIB vient d’être dépassé par celui de la Chine. La faiblesse de l’Union européenne (dont le PIB dépasse même celui de la Chine) n’est due qu’à ses problèmes internes provisoires. S’ils se résolvaient, ils feraient de l’UE un concurrent dangereux pour l’hégémonie des USA. Et avec un Poutine dominateur et un pétrole cher, la Russie avait retrouvé une certaine puissance.

Dans ces conditions, la stratégie des Américains est clairement inspirée des méthodes commerciales les plus agressives : faute de pouvoir rester les meilleurs, il convient de saboter toute concurrence.

  • Sabotage de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en exacerbant les différends entre la Chine et le Japon.
  • Sabotage de l’économie russe par des sanctions et par une manipulation faisant artificiellement chuter le prix du pétrole. Pourtant, si la stratégie consistant à déstabiliser un gouvernement par le biais d’une crise économique a pu fonctionner en divers pays par le passé, elle ne fonctionnera pas en Russie. Le peuple russe ne se laissera pas abuser si facilement et conservera toute sa confiance à celui qui lui a redonné sa fierté. Une fois de plus, les manigances des États-Unis conduiront à un résultat différent de celui qu’ils souhaitent, et probablement pire dans ses conséquences.
  • Sabotage encore de la stabilité européenne : en Ukraine, après avoir encouragé un soulèvement populaire et contribué activement à l’élection d’un gouvernement au service de leurs intérêts, les États-Unis soutiennent aujourd’hui la livraison d’armes à ce pays, avec l’espoir de transformer un conflit local en une guerre qui déstabilisera tout l’est du continent européen. Dans le même esprit, ils ont poussé depuis plusieurs années déjà à l’adhésion de la Turquie à l’UE, sachant que c’est un facteur de dissension entre les pays de ladite « Union ».

Il est temps d’ouvrir les yeux sur le fait que, vis-à-vis de la Russie, les intérêts des Américains diffèrent fondamentalement de ceux des Européens. Et cela, avant que s’installe sur notre continent un chaos comparable à celui qui règne désormais au Moyen-Orient, par l’effet de stratégies dans lesquelles plusieurs pays européens se laissèrent entraîner par les États-Unis.

Dans la période cruciale qui s’annonce pour l’avenir de l’Occident, il est plus important que jamais que la Suisse conserve strictement sa neutralité. À cet égard, les compromis dictés par des arrière-pensées économiques ne pourraient que se révéler désastreux à moyen terme.

24 heures – Réflexion. L’invité (16 mars 2015)

La cruche et la bouteille - 13 mars 2014 - Le Régional

La fabrication d’une bouteille en verre demande beaucoup de savoir-faire, d’énergie et de temps. Les matières premières (sable fin de haute qualité, soude, calcaire, etc.) sont fondues dans un four, à plus de 1500°C pendant 24 heures. Après quoi, le verre liquide est séparé en portions – correspondant au poids de la bouteille finale – mises en forme dans un premier moule grossier, puis dans un moule de finition. Ensuite, un nouveau traitement thermique vers 500°C est nécessaire, avant le dépôt d’une couche de polyéthylène en surface, destinée à faciliter la manutention.

La bouteille est alors prête à l’emploi et… à un destin peu enviable ! Remplie d’un liquide quelconque, puis vidée de son contenu par le consommateur, elle finit fracassée au fond d’un conteneur de récupération (dans le meilleur des cas), après cet unique usage. Pour ce qui est de la cruche, en revanche, on en trouve des exemplaires intacts qui date d’avant l’ère chrétienne. « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse » dit le proverbe. Mais avant de se casser, elle aura servi des milliers de fois.

« Trier, c’est valoriser » selon le slogan de nos autorités. En effet, l’incinération fournit chaleur et électricité ; les déchets végétaux donnent du compost et du biogaz ; les récipients en PET se transforment en vestes de pluie ; etc. L’entreprise Léman Environnement (à Tolochenaz) est spécialisée dans ce type d’opérations. Comme le dit son directeur : « Notre combat, c’est de transformer les déchets en ressources. » Soit ! Mais ne pourrait-on pas commencer par éviter de transformer les objets en déchets ?

Le tri est sans doute ce que l’on peut faire de mieux aujourd’hui. Mais à l’évidence (et sans même parler de sa complexité qui oblige chacun de nous à se muer en un véritable expert ès matériaux), le tri ne suffira pas à long terme, car c’est surtout la quantité qui pose problème : triés ou non, 700 kg de déchets par personnes et par année, c’est trop de matière à traiter et trop d’énergie nécessaire pour le faire. Dans ces conditions, on peut parier que le « réutilisable » finira par prendre sa revanche sur le « recyclable »

Pour les entreprises, le défi est de taille : la réutilisation se heurte entre autres à des problèmes d’hygiène, en particulier dans le domaine alimentaire. Alors qu’il y a quelques décennies encore, tout un chacun se rendait à la laiterie avec un bidon qui servait des années en ne produisant aucun déchet, 98% du lait est aujourd’hui vendu en briques, objet composite particulièrement rétif à la « valorisation ». Pourtant en 2009, un grand distributeur suisse, qui ambitionnait de revendre du lait en vrac, a fini par jeter l’éponge, face aux normes d’hygiène en vigueur.

Comment maintenir notre niveau élevé de qualité, de sécurité et d’hygiène, tout en produisant significativement moins de déchets ? Telle est l’équation qu’il faut sans doute se préparer à résoudre.

Le Régional – Libre plume (n°699, 13 mars 2014)

Spectacle de bouffons ! - 10 mars 2014 - 24heures

Pour la Suisse, les dernières semaines furent riches en divertissements : en effet, le résultat de la votation contre l’immigration de masse nous a valu un spectacle gratuitement offert par les bouffons de la classe politique européenne.

D’abord, nous sommes tous morts. Arnaud Montebourg, ministre français de son état, nous l’a appris à titre posthume : les Suisses se sont suicidés collectivement le 9 février 2014. « Ils ont le droit de se suicider, comme l’Ordre du temple solaire ! », précise-t-il aimablement, par une comparaison révélatrice de ce que la démocratie évoque dans ce qui lui tient lieu de cerveau.
Quant à Daniel Cohn-Bendit, qui s’évertue à singer pitoyablement, au parlement européen, la fougue qui lui seyait naturellement sur les barricades de mai 68, il prédit que « les Suisses reviendront à genoux, parce qu’ils ont besoin de l’Europe ». En 2012, il prédisait un duel Martine Aubry – Marine Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle française. Las ! Ce fut François Hollande contre Nicolas Sarkozy. Belle démonstration de sa capacité de prévision !
Les bouffons européens semblent déjà se détourner provisoirement de la Suisse à laquelle ils ne comprennent pas grand-chose ; mais fort heureusement, la tournée 2014 de notre cirque Knie national commence le 27 mars. Ce sera certainement beaucoup plus drôle.

24 heures – Courrier des lecteurs (10 mars 2014)

Suppression de l'obligation de servir  ? - 4 septembre 2013 - 24heures

Ô comme je serais heureuse si la Suisse n’avait que des amis ! Si les guerres n’existaient plus ! Si j’étais sûre que nos frontières inspireront à jamais un respect sans faille à tous nos voisins ! Et si les inondations catastrophiques, les ouragans destructeurs et les tremblements de terre étaient définitivement relégués dans les films d’épouvante !

Un grand merci à notre armée qui veille sur notre paix, surveille notre espace aérien et, de manière subsidiaire et néanmoins décisive, met ses moyens humains et matériels à la disposition des autorités civiles, en cas de besoin. Et un grand merci également aux citoyens qui, de bon cœur, prennent pour un devoir légitime, envers notre pays, leur contribution à la réalisation de ces missions.

24 heures – Courrier des lecteurs (4 septembre 2013)

Le coût caché du vin bon marché - 25 octobre 2012 - Le Régional

Déstockage : un terme souvent employé à des fins de marketing, pour appâter le chaland avec des perspectives de bonnes affaires. Sauf que quand il s’agit du vin suisse, l’affaire n’est bonne pour personne. À la veille des vendanges 2012, il restait dix millions de litres de l’année précédente dans nos cuves. Avec pour seul choix, celui de brader en AOC ou… brader sans AOC, ce qui est également désastreux, aussi bien en termes de prix qu’en termes d’image.

Depuis 1997, ce sont 170 millions de litres de vins rouges et blancs qui peuvent être importés en Suisse, dans le cadre d’un contingent tarifaire faiblement taxé et agréé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il est lamentable de ne trouver, chez les grands distributeurs, que 2% à 8% de vins suisses dans les rayonnages (selon l’enseigne). S’ils ont certes le droit de vendre des vins étrangers, ils ont le devoir moral de proposer plus de vins suisses au consommateur et de donner envie à ce dernier d’en boire. Sans les producteurs suisses que deviendraient les distributeurs ?

« Que le meilleur gagne ! » nous disent les gardiens de la concurrence. Si nos vignerons ne gagnent plus, il faudrait donc en déduire que leurs produits souffrent d’un défaut de qualité. Or année après année, nos vins accumulent les médailles d’or, de Vérone à Bruxelles ou Paris, et même au cœur des prestigieuses régions du Beaujolais ou du Bordelais. Le fait est qu’aujourd’hui, ce n’est pas le meilleur qui gagne, mais le moins cher.

Moins cher en exploitant la main-d’œuvre avec des salaires indécents. Moins cher en polluant l’eau, l’air et la terre par des traitements massifs aux fongicides et aux insecticides. Moins cher en gaspillant des trésors d’énergie, pour faire venir de l’autre bout de la planète des produits que nous savons faire ici depuis des siècles, sans mettre à contribution des moyens de transport intercontinentaux qui ne couvrent de loin pas les dégâts qu’ils occasionnent à l’environnement.

Chacun aujourd’hui a le choix de boire du vin avec modération ; et du vin suisse avec détermination !

Le Régional – Libre plume (25 octobre 2012)

Droit de vote aux étrangers - 31 août 2011 - 24heures

Quelle idée étrange que de vouloir donner aux étrangers de notre canton un droit de vote qu’ils ne revendiquent guère et qu’en outre ils pratiquent avec la plus grande réserve au niveau communal. Ce qu’espèrent celles ou ceux qu’un destin, souvent douloureux a conduit dans notre pays, c’est d’abord l’acceptation de leur différence, la tolérance de leur culture, de leurs valeurs, de leurs convictions. Et aussi un peu de compréhension pour les difficultés qu’ils vont inévitablement rencontrer dans leurs efforts d’intégration à notre société et d’adaptation à notre état de droit très perfectionné.

Mais ces légitimes aspirations paraissent sans doute trop terre-à-terre à certains qui s’en préoccupent habituellement fort peu. Ceux-là mêmes qui préfèrent, en année électorale, mener pour l’octroi d’un droit non sollicité, un combat plus utile à leur propre gloire qu’à l’épanouissement des personnes censées en bénéficier. La grande majorité des étrangers venus s’établir en Suisse découvrent ce pays avec admiration, ne tardent pas à apprécier les qualités qui lui sont propres et souhaitent vraiment obtenir la naturalisation. Car celle-ci ne leur donnera pas seulement des droits, mais beaucoup plus : la fierté d’appartenir à une nation et de partager des valeurs appréciées bien au-delà de ses frontières. Et c’est cela qui compte en tout premier lieu, croyez-en mon expérience de citoyenne d’origine asiatique, naturalisée suisse !

24 heures – Courrier des lecteurs (31 août 2011)

Candidate UDC au conseil national

Lena Lio

Prenons le contrôle!