Article d'opinion : Lavaux, patrimoine Lena Lio

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Sauver Lavaux… de l'exclusion

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L’inscription des vignobles en terrasses de Lavaux au patrimoine mondial de l’UNESCO fut le résultat d’un travail considérable de plusieurs années ; et le début d’un autre travail, mais permanent et sans limite dans le temps. En effet, lors de l’annonce de l’acceptation du dossier en 2007, les gros titres des journaux ont peut-être fait croire à certains que ce bref instant de gloire suffisait à assurer pour l’éternité le maintien du site de Lavaux dans le patrimoine mondial. Or rien n’est plus faux !

Depuis 2013, l’avenir du site est entre les mains de l’association Lavaux Patrimoine mondial (LPm). Son action se développe selon trois axes : Paysage et viticulture (qui implique les viticulteurs et les hôteliers ainsi qu’une collaboration avec l’Université de Lausanne et des relations avec les vignobles étrangers également inscrits au patrimoine de l’UNESCO) ; Culture éducation et tourisme (expositions, conférences, sentier pédagogique, etc.) ; Communication (documentation papier, site web, réseaux sociaux, etc.). Ces actions seront scrutées de près lors du prochain audit de l’UNESCO, prévu en 2018. Du résultat de cet audit découlera la décision de maintenir Lavaux dans le patrimoine mondial… ou de l’en exclure. Avec un budget annuel d’environ un demi-million, LPm a les moyens de s’y préparer ; mais avec une contribution cantonale amputée de 200'000 francs, rien n’est moins sûr.

Il faut rappeler que la convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine mondial stipule, à son article 4, l'obligation pour l’État d'assurer la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine ; et cela par son propre effort, au maximum de ses ressources disponibles ou même, le cas échéant, au moyen de l'assistance internationale. C’est dire qu’un désengagement de l’État, qui mettrait en péril la préservation du site, constituerait une violation de ladite convention.

Même si en l’occurrence l’État signataire de la convention est la Confédération, celle-ci confie aux cantons (fédéralisme oblige !) la responsabilité d’assurer la conservation des sites du patrimoine mondial se trouvant sur leur territoire. Dans le cas de Lavaux, la Confédération exige en outre qu’un représentant du canton de Vaud siège au comité directeur de LPm.

Malheureusement, depuis la création de l’association, la chaise du représentant cantonal au sein du comité est toujours restée vide, non par un quelconque empêchement mais bien par une volonté délibérée du Conseil d’État de ne pas s’impliquer dans la gestion de l’association. Quant à la contribution financière de l’État de Vaud, elle s’achève sous sa forme actuelle à fin 2015, sans que l’on sache quelle suite le canton entend donner à son engagement.

La perspective de voir le site de Lavaux, vignobles en terrasses exclu du patrimoine mondial de l’UNESCO semblait impensable. Elle apparaît désormais préoccupante.

24 heures - Réflexion. L'invité (9 décembre 2015)